mercredi 3 décembre 2008

Une expérience de stage

Le lundi 24 novembre 2008, les étudiantes de la classe de didactique de l’écriture et de la grammaire de l’UQO revenaient de leur deuxième stage et décrivaient leur expérience. Malheureusement, je n’ai pas fait de stage à cette session, dû à mon cheminement particulier. Par contre, j’ai déjà fait deux stages avec L’UQÀM. J’ai donc pensé faire un retour sur un fait qui m’a touché plus que les autres et qui a été vécu par une collègue de ma classe. Il s’agit d’une expérience vécue avec un enfant dyslexique qui testait les limites de l’enseignante de façon à avoir ce qu’il désire, c’est-à-dire, n’avoir qu’à fournir le moindre effort.

Premièrement, ma collègue a constaté que les enfants dyslexiques savaient tester nos limites. En effet, elle avançait que ces enfants avaient tendance à s’imaginer une barrière psychologique et imaginaire qui empêcherait l’accessibilité à des compétences ou des connaissances supérieures. Ces apprenants savent qu’ils ont des difficultés et se limitent à faire les tâches sans aucun effort ; ils s’imaginent qu’ils ne peuvent pas accéder à ces connaissances ou à ces compétences supérieures. Par contre, elle a remarqué que l’enseignante qui respectait ses limites et qui n’acceptait pas le manque d’effort de la part de son élève dyslexique pouvait constater de meilleurs résultats chez cet élève en difficulté. Finalement, en leur donnant une plus grande part d’autonomie et en les poussant toujours un peu plus dans la tâche à faire, les élèves en difficulté d’apprentissage seront en mesure d’avoir accès à des compétences et des connaissances supérieures.

Selon mon expérience de stage à la maternelle, ce n’est pas avec un enfant dyslexique, mais avec un enfant d’origine chinoise, ayant beaucoup de difficulté avec la langue française, que j’ai pu vivre une expérience semblable. Plus précisément, Pierre est né au Québec. Il a grandit dans une famille où les parents ne parlent que l’anglais et le mandarin. Seulement sa sœur Stéphanie peut parler le français. En effet, elle l’a appris grâce à ses six années passées dans une école francophone de Montréal et elle maîtrise très bien cette langue. C’est dans cette dernière que son frère Pierre vivait sa première grande expérience sociale : la maternelle.

Pierre se faisait suivre par des spécialistes et on portait une attention particulière sur lui de façon à ne pas trop le bousculer dans son apprentissage de la langue française. Après avoir longuement observé Pierre dans les tâches qu’il avait à accomplir, j'ai partagé mes observations à l’enseignante de la classe et je lui ai fait part que je trouvais que pierre semblait ne pas vouloir donner d’effort et que, selon moi, on devrait lui faire part de nos attentes et le pousser à travailler plus fort. Par exemple, lors des cercles de discussions entre élèves et enseignant, Pierre savait qu’il n’avait qu’à baisser les yeux et dire " veux pas! ", quand c’était son tour de parler ; par ces gestes le problème serait réglé. L’enseignante m’a donc permis de me concentrer sur Pierre pendant une journée et de l’amener à se surpasser toujours un peu plus. Par exemple, dans les tâches à accomplir, on insistait pour que Pierre nous parle, qu’il nous dise ce qu’il avait vécu dans ces dernières. Aussi, on s’assurait qu’il soit toujours concentré sur ce qu’il avait à faire en lui donnant seulement l’aide qui lui était nécessaire : on ne pliait pas à toutes ses demandes. À la fin de la journée, ailleurs que dans le cercle de discussion, Pierre avait réussi à prendre la parole devant toute la classe, il avait réussi à dire le son de plusieurs lettres de l’alphabet et aussi, en général, il avait réussit à bien faire les tâches à accomplir parce qu’on le questionnait toujours sur ce qu’il avait compris des consignes.

En conclusion, je suis d’accord avec ma collègue sur le fait que l’on ne doit pas laisser des enfants en difficulté s’apitoyer sur leur sort. En effet, je crois que l’enfant doit prendre conscience qu’il doit toujours fournir un effort lors de la réalisation d’une tâche. De ce fait, il est important, comme enseignant, de faire connaître ses limites aux enfants en difficulté et d’être clairs et précis quant au minimum d’effort à fournir pendant toute la journée afin qu’il y ait toujours une amélioration pour chacun. J’ajouterais qu’il est aussi important d’établir ses limites avec le reste de la classe.

1 commentaire:

Marie-Christine V.-N. a dit…

Bonjour Francis,

Ton expérience de stage m'a beaucoup fait réfléchir.

J'étais présente le jour où notre collègue parlait de l'élève dyslexique de sa classe de stage. Or, quand elle en a parlé, cela m'a mise sur mes gardes. Je me disais que j'aurai à faire attention à ne pas laisser mes futurs élèves dyslexiques se décourager ou se donner un prétexte pour ne pas persévérer.

Puis, quand tu as parlé de ton expérience, cela m'a ouvert les horizons. En effet, ce que notre collègue a dit peut s'appliquer pour tous les élèves en difficulté.

Je crois que tu as bien agi avec Pierre, l'élève chinois. Ta démarche est pour moi un modèle à suivre et je te remercie d'avoir partagé cette expérience avec nous.