mercredi 3 décembre 2008

L'enseignement traditionnel Vs. l'enseignement intégrant l'apprentissage

C’est à travers le cours de didactique de l’écriture et de la grammaire au primaire que j’ai vraiment pu constater les différences entre l’enseignement traditionnelle du français et l’enseignement intégrant l’apprentissage de cette même matière. En effet, ce cours m’a fait vivre des situations et m’a fait découvrir du matériel didactique qui m’ont montré à quel point l’enseignement d’aujourd’hui, ou du moins comment il devrait être, est à la fois plus divertissant, plus intéressant et plus signifiant qu’autrefois.

Sans dire que l’enseignement traditionnel était insignifiant pour l’élève, je dois préciser qu’il ne misait pas sur la compréhension de l’écrit. Aussi, on ne prenait pas en considération l’enfant comme étant le centre d’intérêt. Plus précisément, on misait plus sur le contenu et pour qualifier les performances, on se basait sur l’habileté à passer à travers ce contenu sans pour autant le comprendre. De ce fait, il est évident qu’il n’y avait pas d’adaptation pour les élèves qui avaient des difficultés ; les exercices et les activités étaient identiques pour tous. On se contentait plutôt de recommencer les mêmes explications et les mêmes exercices jusqu’à ce que l’enfant semble comprendre. De plus, les élèves étaient passifs dans leurs apprentissages. En effet, on leur donnait de la matière et on leur demandait d’encaisser le tout sans trop réfléchir. De plus, les interactions élève/élève ainsi que ceux entre les élèves et l’enseignant, n’avaient pas leur place ; peut-être que c’était trop difficile à gérer selon la vision des enseignants traditionnels.

Maintenant, c’est la vision de l’enseignement intégrant l’apprentissage qui devrait être dans nos écoles. Dans cette vision, l’enseignement est concentré sur l’élève puisque ce dernier construit lui-même ses connaissances. De ce fait, chaque élève peut être dans une même classe sans pour autant appartenir au même échelon de compétence. Dans cette optique, comme enseignant, il est donc primordial de chercher à comprendre où est rendu l’élève dans la construction de ses connaissances et d’adapter les cours, les activités et les exercices par rapport aux diagnostiques posés sur ce dernier. C’est à travers des activités signifiantes, qui suscitent l’intérêt des élèves, que l’on accorde plus d’importance aux interactions entre les acteurs de la classe. En effet, en termes de socio-constructivisme, un apprenant construit ses connaissances par lui-même et avec la vision des autres. On incite l’élève à se questionner et par ce fait même, il peut véritablement s’approprier l’écrit. L’enfant peut vivre un enseignement plus global qui se déroule dans un environnement riche et varié : on peut faire ressortir des règles de grammaire dans un contexte d’univers social ou de mathématique.

En conclusion, il me semble que de nos jours, autant d’enseignants pratiquent l’enseignement traditionnel que l’enseignement intégrant l’apprentissage. Selon moi, l’important c’est que chaque enseignant connaisse l’existence des deux visions et que chacun d’eux sache en faire ressortir le meilleur de chacune par rapport aux enfants qu’ils ont dans leur classe. Par contre, je crois que dans les deux visions, deux valeurs devraient être en tête : le respect de chaque élève de ses intérêts et de son bagage de connaissances, la coopération et l’action.

Une expérience de stage

Le lundi 24 novembre 2008, les étudiantes de la classe de didactique de l’écriture et de la grammaire de l’UQO revenaient de leur deuxième stage et décrivaient leur expérience. Malheureusement, je n’ai pas fait de stage à cette session, dû à mon cheminement particulier. Par contre, j’ai déjà fait deux stages avec L’UQÀM. J’ai donc pensé faire un retour sur un fait qui m’a touché plus que les autres et qui a été vécu par une collègue de ma classe. Il s’agit d’une expérience vécue avec un enfant dyslexique qui testait les limites de l’enseignante de façon à avoir ce qu’il désire, c’est-à-dire, n’avoir qu’à fournir le moindre effort.

Premièrement, ma collègue a constaté que les enfants dyslexiques savaient tester nos limites. En effet, elle avançait que ces enfants avaient tendance à s’imaginer une barrière psychologique et imaginaire qui empêcherait l’accessibilité à des compétences ou des connaissances supérieures. Ces apprenants savent qu’ils ont des difficultés et se limitent à faire les tâches sans aucun effort ; ils s’imaginent qu’ils ne peuvent pas accéder à ces connaissances ou à ces compétences supérieures. Par contre, elle a remarqué que l’enseignante qui respectait ses limites et qui n’acceptait pas le manque d’effort de la part de son élève dyslexique pouvait constater de meilleurs résultats chez cet élève en difficulté. Finalement, en leur donnant une plus grande part d’autonomie et en les poussant toujours un peu plus dans la tâche à faire, les élèves en difficulté d’apprentissage seront en mesure d’avoir accès à des compétences et des connaissances supérieures.

Selon mon expérience de stage à la maternelle, ce n’est pas avec un enfant dyslexique, mais avec un enfant d’origine chinoise, ayant beaucoup de difficulté avec la langue française, que j’ai pu vivre une expérience semblable. Plus précisément, Pierre est né au Québec. Il a grandit dans une famille où les parents ne parlent que l’anglais et le mandarin. Seulement sa sœur Stéphanie peut parler le français. En effet, elle l’a appris grâce à ses six années passées dans une école francophone de Montréal et elle maîtrise très bien cette langue. C’est dans cette dernière que son frère Pierre vivait sa première grande expérience sociale : la maternelle.

Pierre se faisait suivre par des spécialistes et on portait une attention particulière sur lui de façon à ne pas trop le bousculer dans son apprentissage de la langue française. Après avoir longuement observé Pierre dans les tâches qu’il avait à accomplir, j'ai partagé mes observations à l’enseignante de la classe et je lui ai fait part que je trouvais que pierre semblait ne pas vouloir donner d’effort et que, selon moi, on devrait lui faire part de nos attentes et le pousser à travailler plus fort. Par exemple, lors des cercles de discussions entre élèves et enseignant, Pierre savait qu’il n’avait qu’à baisser les yeux et dire " veux pas! ", quand c’était son tour de parler ; par ces gestes le problème serait réglé. L’enseignante m’a donc permis de me concentrer sur Pierre pendant une journée et de l’amener à se surpasser toujours un peu plus. Par exemple, dans les tâches à accomplir, on insistait pour que Pierre nous parle, qu’il nous dise ce qu’il avait vécu dans ces dernières. Aussi, on s’assurait qu’il soit toujours concentré sur ce qu’il avait à faire en lui donnant seulement l’aide qui lui était nécessaire : on ne pliait pas à toutes ses demandes. À la fin de la journée, ailleurs que dans le cercle de discussion, Pierre avait réussi à prendre la parole devant toute la classe, il avait réussi à dire le son de plusieurs lettres de l’alphabet et aussi, en général, il avait réussit à bien faire les tâches à accomplir parce qu’on le questionnait toujours sur ce qu’il avait compris des consignes.

En conclusion, je suis d’accord avec ma collègue sur le fait que l’on ne doit pas laisser des enfants en difficulté s’apitoyer sur leur sort. En effet, je crois que l’enfant doit prendre conscience qu’il doit toujours fournir un effort lors de la réalisation d’une tâche. De ce fait, il est important, comme enseignant, de faire connaître ses limites aux enfants en difficulté et d’être clairs et précis quant au minimum d’effort à fournir pendant toute la journée afin qu’il y ait toujours une amélioration pour chacun. J’ajouterais qu’il est aussi important d’établir ses limites avec le reste de la classe.