lundi 24 novembre 2008

Jouer avec les phrases

Le 9 octobre 2008, j’ai assisté à un atelier offert par le centre d’aide en français de l’UQO. Il avait pour but d’expliquer les manipulations syntaxiques. Par définition, ces dernières sont des interventions effectuées sur des phrases, des groupes de mots ou des mots dans le but de mettre en évidence quelques-unes de leurs caractéristiques. Précisément, elles peuvent servir à dégager les propriétés des groupes de mots et à en dégager le noyau, à reconnaître les classes de mots et la fonction de mots, à analyser la structure des phrases, à vérifier les accords grammaticaux, à enrichir une phrase, à nuancer sa pensée et à réviser son texte.

Il y a différents types de manipulations syntaxiques : l’effacement qui consiste à supprimer un mot ou un groupe de mots ; le déplacement qui consiste à changer la place d’un mot ou d’un groupe de mots dans une phrase ; le remplacement qui consiste à remplacer un mot ou un groupe de mots par un autre dans une phrase ; l’addition qui consiste à ajouter un ou plusieurs mots à un groupe de mots ou à une phrase ; l’encadrement qui consiste à encadrer un groupe par c’est…qui ou ne…pas ; le dédoublement qui consiste à répéter la première partie de la phrase en utilisant une expression telle que et cela se passe devant un complément et finalement, il y a la passivation qui consiste à transformer une phrase active en une phrase passive.

J’ai compris que ces manipulations syntaxiques pouvaient être d’un grand service à des élèves du primaire qui apprennent la grammaire. En effet, ces manipulations peuvent s’appliquer de la première année jusqu’au secondaire. En sachant que la grammaire nouvelle propose une approche réflexive, syntaxique et fonctionnelle de la langue, il est évident que les manipulations syntaxiques vont dans ce sens. Il est maintenant facile pour un élève du primaire de trouver le sujet d’un verbe sans se poser des questions comme : qui est-ce qui? et qui peuvent mener à des erreurs. Maintenant, pour trouver le sujet, il suffit de faire la manipulation syntaxique de l’encadrement. Par exemple, dans la phrase : Le vent a cassé la branche. Afin de trouver le sujet pour accorder le verbe, un élève qui se pose la question : qui est-ce qui a cassé ? Pourrait avoir comme réponse : la branche. Par contre, avec l’encadrement, un élève peut facilement trouver le sujet dans cette phrase. Il n’aura qu’à encadrer (le vent) de (c’est…qui) et il entendra : c’est le vent qui a cassé la branche. Par ce fait, il répondra directement à sa question sans la poser et trouvera le sujet qu’il cherchait soit : le vent.
Il est aussi intéressant de constater que différentes manipulations peuvent avoir la même fonction. Par exemple, toujours dans le cas de la recherche du sujet dans la phrase, le remplacement peut être un outil efficace. En effet, dans la phrase suivante : Les amis de mon frère seront tous là. il suffit à l’élève de trouver le groupe de mot de la phrase qui pourrait être remplacé par un pronom. Dans ce cas, les amis de mon frère peut être remplacé par ils. De ce fait, ce qui a été remplacé par ils, devient le sujet de la phrase.

Pour terminer, je crois que les manipulations syntaxiques rendent un très grand service à l’apprenant qui peut maintenant profiter de plusieurs outils pour arriver à trouver ce qu’il cherche à l’intérieur d’une phrase. De plus, ce qui est intéressant avec ces manipulations, c’est que l’élève ne se retrouve plus dans un moule unique d’un système de correction ou de révision. Il peut maintenant utiliser la façon qui l’intéresse pour arriver à améliorer sa production écrite.

En grande conclusion, lorsque je serai enseignant, je crois que la meilleure façon d’apprendre à mes élèves les différentes manipulations sera d’en faire à maintes reprises avec eux et à haute voix. En effet, je peux percevoir que cette tâche ne s’apprend pas du jour au lendemain et qu’elle demande un bon enseignement afin qu’elle soit utile pour l’élève et que ce dernier puisse l’utiliser de façon autonome. De ce fait, il ne faut pas attendre d’être enseignant pour pratiquer ces manipulations.

mercredi 19 novembre 2008

Un antidote au service de la grammaire nouvelle

Dans l’apprentissage de l’écriture de la langue française, nous considérons important que l’enfant acquiert une compréhension approfondie de la construction des phrases et des relations entre les groupes ou constituants de la phrase. En effet, seulement la compréhension qui intègre et relie les connaissances grammaticales entre elles permet de résoudre des problèmes d’écriture. La grammaire nouvelle vise donc à amener les élèves à comprendre le fonctionnement de la langue et du même coup, de la voir comme un système. Aussi, la réforme actuelle de l’éducation voit l’enfant comme un apprenant actif qui construit continuellement ses connaissances. Par contre, il ne construit pas son savoir seulement dans l’action créée par sa propre expérience. Par exemple, selon Piaget, l’aspect social vient jouer un rôle primordial dans la construction des connaissances de l’apprenant. Ce dernier a donc besoin d’interagir avec d’autres qui deviendront des facilitateurs d’apprentissage. Une démarche active favorise l’observation, la réflexion, la formulation et la vérification d’hypothèses de règles tout en interagissant entre pairs, avec l’enseignant, ou encore avec les TICS comme par exemple, le logiciel Antidote.
L’enseignant doit encourager l’apprenant à expliquer ce qu’il fait ou ce qu’il voit. Il doit donc permettre aux élèves de construire leur compréhension de la langue par l’action et la réflexion.

Prenant en considération ces faits, il m’est évident que le logiciel Antidote peut aider les enseignants et surtout les élèves dans l'apprentissage de l’écriture de la langue française.
Le correcteur d’Antidote est à la fois un correcteur d’orthographe et un correcteur grammatical avancé. Il fait l’analyse syntaxique complète de la phrase et vérifie l’orthographe, la syntaxe, les accords grammaticaux, la conformité à l’usage et bon nombre d’autres règles d’écriture du français. Ce logiciel est non seulement un correcteur fiable, mais surtout un outil qui aide à réfléchir sur la langue, à être actif dans son apprentissage. En effet, cet outil ne vous donne pas seulement des choix de mots possibles qui pourraient remplacer l’erreur, mais il invite l’auteur du texte à lire des explications sur son erreur qui suivent la proposition. Antidote nous invite donc à réfléchir sur ce que l’on vient d’écrire. Par exemple : Deux estimations le confirmant ont été reçu. Antidote soulignera non seulement l’erreur en rouge, mais lorsque que l’on clique sur l’erreur en question, il nous explique cette dernière. Voici son explication : reçues Fém.Plur. (Reçues, participe passé employé avec " être " s’accorde avec son sujet, deux destinations.)
Examinons maintenant le prisme de révision. Ce dernier permet d’aller au-delà de la correction d’un texte et d’en améliorer le style et le contenu. Il peut donc permettre à l’élève d’enrichir son texte ou ses phrases tout en lui laissant un choix. Par exemple, le prisme permet de voir la répartition des adjectifs épithètes dans le texte et de voir la répartition des modes verbaux. Il est donc clair qu’encore une fois, Antidote est sans aucun doute un formateur qui interagit avec l’auteur et qu’il ne le déclare jamais scripteur parfait.

Je n’ai aucun doute sur la fiabilité formatrice d’Antidote sur des élèves du primaire. Toutefois, il est certain qu’il s’adapte à des élèves du deuxième cycle et troisième cycle, pour le simple fait que ces derniers doivent être en mesure de bien réagir aux explications données par le logiciel. Je peux facilement envisager une réécriture, en dyade, de dictée ou de texte sur Antidote. Les équipes pourraient discuter et réfléchir sur ce que le logiciel leur propose. Ces dernières seraient donc participantes d’une démarche active de découverte.
Pour conclure, je crois fortement que le logiciel Antidote, par son aide et sa polyvalence, peut développer l’amour de la langue. Il est donc clair pour moi que ce logiciel devrait équiper toutes les écoles du Québec et que tous les enseignants devraient être formés à son utilisation.


i_Nadeau M., Fisher C. 2006, La grammaire nouvelle : la comprendre et l’enseigner. Montréal : Les éditions de la Chenelière inc. P.66